Productivité, efficacité économique et équité dans le secteur agricole québécois

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  Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l'Université de Montréal, l'Université Laval et l'Université du Québec àMontréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche.  Érudit offre des services d'édition numérique de documentsscientifiques depuis 1998.Pour communiquer avec les responsables d'Érudit : erudit@umontreal.ca   Article  Jean-Pierre Wampach L'Actualité économique  , vol. 59, n° 4, 1983, p. 669-685. Pour citer cet article, utiliser l'adresse suivante : http://id.erudit.org/iderudit/601072ar Note : les règles d'écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir.Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politiqued'utilisation que vous pouvez consulter à l'URI http://www.erudit.org/apropos/utilisation.html Document téléchargé le 26 July 2011 06:06 « Productivité, efficacité économique et équité dans le secteur agricole québécois »  L Actualité Économique. Revue d analyse économique, vol. 59 no 4 décembre 1983 PRODUCTIVITÉ, EFFICACITÉ ÉCONOMIQUE ET ÉQUITÉ DANS LE SECTEUR AGRICOLE QUÉBÉCOIS Jean-Pierre WAMPACH Département d économie rurale Faculté des sciences de l agriculture et de Valimentation Université Laval (Québec) L environnement économique de l agriculture au Québec  s est  modifié au cours des années 1970. On peut se demander s il sera possible à l avenir d augmenter la productivité de la main-d œuvre agricole et l efficacité économique sans qu il en résulte une perte d équité. Comment faire en sorte que les changements techniques et structurels dans le secteur agricole produisent des résultats nets positifs sur l ensemble de l économie, sur l environnement et sur la vie économique et sociale des communautés rurales   Cet article porte sur ces questions. L étude repose sur l analyse de l évolution passée de la productivité, du déséquilibre actuel dans l allocation des ressources et des changements structurels prévus. Elle mène à la conclusion que le processus de modernisation de l agriculture québécoise est devenu coûteux pour les agriculteurs et pour la société, moins productif et inéquitable. Deux scénarios de changements structurels sont envisagés. L un est basé sur la théorie de l équilibre général, l autre, sur la différenciation sociale, l intervention de l État et la concurrence entre les agriculteurs. Quelques suggestions de modifications sont faites. L adoption de ces suggestions amènerait le secteur agricole à engendrer un surplus économique qui proviendrait d une amélioration des ressources humaines et foncières et d une structure mieux équilibrée plutôt que de l achat des intrants et d une substitution du capital à la main-d œuvre comme ce fut le cas dans le passé. Introduction Depuis la deuxième guerre mondiale, la productivité du travail a fortement augmenté dans le secteur agricole québécois, comme en général dans les secteurs agricoles des économies industrialisées (Wampach, 1981).  Ce changement a constitué la base du relèvement du niveau de vie des agriculteurs demeurés dans le secteur. La productivité totale a également crû (les coûts de production ont baissé dans les fermes) et ses bénéfices ont été partiellement transmis aux consommateurs (Ghersi et Wampach, 1973). Cependant, les changements techniques et structurels dans l agriculture n ont pas eu que des effets positifs et n ont pas fait que des gagnants (Heady et Whiting, 1975; Wampach, 1968).  67 L'ACTUALITÉ ÉCONOMIQUE Au cours des années 1970, l'environnement économique du secteur agricole  s est  modifié. Dans ce nouveau contexte, l'agriculture peut-elle encore dégager un surplus d'efficacité économique tout en sauvegardant le niveau de vie des agriculteurs? Peut-elle continuer à se transformer techniquement et structurellement sans que les effets sur l'économie globale, le développement régional et l'écologie en soient plus négatifs que positifs? L'équité peut-elle être davantage respectée par ces transformations  ?  Ces questions sont interreliées et l'objet de cet article est de tenter de les poser ensemble et de les analyser à la lumière des études disponibles. Son but premier n'est pas de proposer des solutions toutes faites, mais de stimuler la réflexion et le débat sur l'orientation future du secteur. Après avoir brossé un tableau synthétique de l'évolution de la productivité agricole au cours des trois dernières décennies, on s'interroge sur les conséquences de cette évolution sur l'économie globale et régionale, l'efficacité économique interne, les coûts sociaux et l'équité. On essaie ensuite d'identifier la position actuelle du secteur par rapport à un optimum d'efficacité économique. La question fondamentale sur laquelle débouche l'article est celle de savoir dans quelle mesure le secteur agricole québé cois,  abandonné aux forces du marché et à un cadre institutionnel inchangé, ne s'éloignera pas davantage d'une position souhaitable du point de vue de la productivité, de l'efficacité économique et de l'équité, ainsi que d'autres finalités du développement agricole. es changements dans la productivité  gricole Dans cette section, on mesure les progrès de la productivité agricole, en comparant la performance québécoise à celle de l'Ontario et en analysant brièvement les sources et les composantes de l'augmentation de la productivité. On procède de cette manière pour mettre en lumière le caractère exogène du processus d'amélioration de la productivité du travail agricole au Québec   il est à base de développement économique général et de technologies animales et mécaniques élaborées en dehors du secteur. L'évolution de la productivité du sol et des consommations intermédiaires est également décrite, de même que celle de la productivité totale, seule significative du point de vue de l'efficacité économique interne. De 1950 à 1970, la productivité du travail agricole, exprimée en calories produites par exploitant, a triplé au Québec et son niveau par rapport à celle de l'Ontario est passé de 48 à 83 (Wampach, 1981). Ce rattrapage technique repose en partie sur une utilisation accrue d'aliments du bétail achetés, dont la productivité a baissé au Québec alors  LE SECTEUR AGRICOLE QUÉBÉCOIS 671 qu'elle fléchissait à peine en Ontario. En effet, de 1950 à 1960, le volume des aliments achetés augmentait de 48 au Québec et de  31 en Ontario, alors que l'indice de la production agricole progressait respectivement de 25 au Québec et de 30 en Ontario (Wampach, 1967). La productivité des aliments du bétail achetés a continué de se détériorer au Québec de 1961 à 1974, alors que leur utilisation croissait à un rythme annuel de 2,7 , supérieur à celui de l'indice de la production (1 ) (Shute, 1975). En calculant une productivité du travail nette des aliments achetés et en suivant l'évolution de ses composantes, le rapport terre/homme et les rendements à l'hectare, on peut faire une autre comparaison révélatrice avec l'évolution ontarienne 1 . De 1952/1956 à 1975/1979, la productivité du travail agricole, exprimée en équivalents-blé par  actif augmente de 150 , soit au taux annuel de 4,4 , alors qu'elle croît au taux de 5,5 l'an en Ontario 2 . Vu sous cet angle, le rattrapage technique disparaît et fait place à un écart qui se creuse. La raison en est un développement économique général plus vigoureux en Ontario, en même temps qu'un progrès plus poussé des capacités productives des sols  :  le rapport terre/homme croît plus vite en Ontario (de 75 ) qu'au Québec (de 67 ), de même que les rendements à l'hectare (73 contre 50 ). Comme les superficies défrichées ont beaucoup moins diminué en Ontario qu'au Québec, (13 en Ontario contre 33 au Québec entre 1951 et 1976), la progression des rendements à l'hectare  y  est davantage qu'au Québec le résultat d'une plus grande capacité productive des sols que l'effet statistique de l'abandon des terres marginales 3 . De manière générale, l'amélioration de la productivité du travail agricole au Québec a reposé simultanément sur un développement économique absorbant le surplus de population active dans l'agriculture et une substitution de capital et de consommations intermédiaires au travail. La productivité des consommations intermédiaires — aliments du bétail, services mécaniques et énergie — a baissé parce que leur emploi a augmenté plus vite que la production agricole. L'amélioration de la productivité des sols n'a que faiblement contribué au progrès de la productivité du travail 4 . Le processus de développement qui a engendré ces résultats a donc été davantage nourri d'industrialisation et d'urbanisation que de croissance des forces productives internes au secteur. —  =  —  • — : où  Y  représente la production agricole,  L la population active agri- LAL  co i e  et  A  j  s  SU p er fi c i es  défrichées. 2.  Calculs disponibles au Département d'économie rurale. Id 4.  Le Québec n'est guère avancé dans sa révolution fourragère. Les rendements à l'hectare du foin cultivé ont augmenté de 11,4 entre 1960 et 1980, contre 24,3 en Ontario. Calculs disponibles au Département d'économie rurale.  67 L'ACTUALITÉ ÉCONOMIQUE Devant la chute de productivité des aliments du bétail achetés et des consommations intermédiaires en général, on en vient naturellement à se demander si les sources futures de l'amélioration de la productivité du travail ne se trouvent pas du côté de la qualité des ressources humaines et d'une meilleure utilisation des sols. Les sections suivantes montrent que le nouvel environnement économique dans lequel évolue le secteur agricole, son éloignement actuel par rapport à un optimum d'efficacité économi-que et les tendances prévisibles de l'évolution de sa structure convergent vers la même idée. Jusqu'à présent, la croissance de la productivité du travail a été plus forte que la détérioration de la productivité des consommations intermé-diaires et c'est pourquoi la productivité totale — la productivité de l'en-semble des ressources utilisées par le secteur agricole — a suivi une courbe ascendante. De 1945/1949 à 1960/1964, le taux de croissance annuelle de l'indice de la productivité totale fut de  4,5 (Wampach, 1967a). De 1961 à 1974, le rythme de croissance  s est  considérablement ralenti, n'atteignant plus que 0,6 (Shute, 1975) 5 . L'indice de la productivité totale est une mesure de l'efficacité interne car il est la réciproque de l'indice du coût social de la production à l'intérieur des exploitations agricoles. De plus, la production agricole entraîne des coûts publics en dehors des exploitations   éducation, recher-che, extension, infrastructure routière, services sociaux, information. Elle est aussi génératrice d'économies et de diséconomies externes. L'efficacité économique doit donc s'évaluer non seulement par rapport au coût social interne, mais aussi par rapport aux coûts publics et aux coûts et bénéfices sociaux externes. ignification  é onomique  et  perspe tive On s'interroge dans cette section sur quelques conséquences pour l'économie globale des progrès dans la productivité du travail et dans la productivité totale. Suivent des considérations sur l'efficacité économique des dépenses publiques en matière d'éducation, de recherche et d'exten-sion. Certaines conséquences négatives du processus de développement agricole sont rappelées et on explore en guise de synthèse les implications du nouveau contexte économique pour les progrès futurs de l'efficacité économique interne. N'eut été le transfert de population active de l'agriculture vers les autres secteurs de l'activité économique, la croissance économique aurait été ralentie (Wampach, 1967a). Mais aux transferts sont liés des coûts 5.  Des calculs préliminaires montrent que le taux annuel de croissance de la producti-vité totale n'a été que de 0,25 entre 1970 et 1980. Calculs disponibles au Département d'économie rurale.
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