Présentation de l'analyse automatique du discours (AAD69) : théories, procédures, résultats, perspectives

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  Michel PêcheuxJacqueline LéonSimone BonnafousJean-Marie Marandin Présentation de l'analyse automatique du discours (AAD69) :théories, procédures, résultats, perspectives In: Mots, mars 1982, N°4. Abus de mots dans le discours. Désabusement dans l'analyse du discours. pp. 95-123. Citer ce document / Cite this document :Pêcheux Michel, Léon Jacqueline, Bonnafous Simone, Marandin Jean-Marie. Présentation de l'analyse automatique dudiscours (AAD69) : théories, procédures, résultats, perspectives. In: Mots, mars 1982, N°4. Abus de mots dans le discours.Désabusement dans l'analyse du discours. pp. 95-123. doi : 10.3406/mots.1982.1053http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mots_0243-6450_1982_num_4_1_1053  RésuméPRÉSENTATION DE L'ANALYSE AUTOMATIQUE DU DISCOURS (AAD69) Cet ensemble de quatretextes concernant l'Analyse Automatique du Discours constitue une mise au point critique de laméthode version 1969, en liaison avec l'élaboration d'une version 1980. Michel Pêcheux retracel'historique de la méthode, conçue dans le cadre du structuralisme (philosophique et linguistique) desannées 1960. La présentation de la méthode AAD69 (J. Léon) et l'exposé de certains résultats récents(S. Bonnafous) sur le discours socialiste ne peuvent se considérer à l'heure actuelle que comme unpoint de repère pour la mise en place de perspectives nouvelles. Ainsi la critique de J.M. Marandin sur les résultats et sur certaines carences de la méthode telles que l'absence de renonciation et du faitséquentiel, débouche sur une présentation programmatique de nouveaux algorithmes envisagés selondeux espaces: les algorithmes verticaux traiteront des énoncés, accordant au lexique une placedéterminante et à la paraphrase une place relative; et les algorithmes horizontaux traiteront la séquencediscursive elle-même. L'analyse de discours était une «prothèse de la lecture»; l'AAD80, en coursd'élaboration, voudrait la transformer en provocation à la lecture. Abstract AUTOMATIC DISCOURSE ANALYSIS (AAD69) This set of four texts concerning Automatic Discourse Analysis is a critical restatement of the 1969 method, related to the development of a 1980 version.Michel Pêcheux retraces the history of the method, conceived in the framework of the philosophical andlinguistic structuralism of the sixties. The presentation of the AAD69 method (J. Léon), and theexposition of some recent results (S. Bonnafous) concerning socialist discourse can now only beconsidered as reference points in establishing a new viewpoint; thus, J. M. Marandin s criticism of the1969 results and of certain failures of the method, such as the lack of enunciation and of sequentialphenomena, leads on to a planned presentation of new algorithms conceived according to twodimensions: the "vertical" algorithms will handle statements, leaving a preponderant part to the lexiconand a relatively smaller part to paraphrase; and the "horizontal" algorithms will handle the discursivesequence itself. Discourse analysis was a "prosthesis for reading" ; AAD80, the method now under development, would like to make it a reading incentive.  MICHEL PÊCHEUX LABORATOIRE DE PSYCHOLOGIE SOCIALE, PARIS VII CNRS JACQUELINE LÉON LABORATOIRE D INFORMATIQUE POUR LES SCIENCES DE l HOMME, CNRS SIMONE BONNAFOUS UNITÉ DE RECHERCHE LEXICOLOGIE ET TEXTES POLITIQUES INSTITUT DE LA LANGUE FRANÇAISE, SAINT-CLOUD JEAN-MARIE MARANDIN INSTITUT DE LA LANGUE FRANÇAISE UNIVERSITY OF CALIFORNIA LOS ANGELES Mots, 4 1982 Présentation de l analyse automatique du discours AAD69) Théorie procédures résultats, perspectives PRESENTATION THÉORIQUE DE L/AAD69 Les références théoriques (positives et négatives) qui, à partir de 1966, ont présidé à la construction du dispositif A AD (Analyse automatique du discours paru en 1969 chez Dunod, premier programme informatique «opérationnel» en 1971), s inscrivent dans l espace du structuralisme philosophique des années 1960, autour de la question de l idéologie, et en particulier celle de la lecture des discours idéologiques. La problématique structuraliste, qui était en train de se condenser autour de quelques noms comme ceux de Lévi-Strauss, Foucault, Barthes, Althusser..., était un dispositif polémique contre les idées dominantes de l époque, tout autant qu un programme de travail.  96 PECHEUX, LEON, BONNAFOUS, MARANDIN Les idées dominantes de l'époque, c'est-à-dire : — Les « restes »< qui ne se portaient pas si mal (et qui ont la vie dure ) d'un spiritualisme philosophique adepte d'une conception religieuse de la lecture : de l'herméneuti qu ittéraire, pourchassant les «thèmes» à travers les «œuvres», à la conception phénoménologique du « projet » comme projection du sens sur la matière verbale par le pouvoir constituant du sujet-lecteur... l'idée que le sens des textes est le corrélat d'une conscience-lectrice, installée dans une subjectivité «interprétative» sans rivages. — Mais aussi les formes sécularisées, plus quotidiennes, de cette pratique spontanée de la lecture, qui, sous les multiples formes de l'« analyse de contenu», était en train d'envahir les sciences humaines. — Et enfin, l'objectivisme quantitatif réagissant aux spiritualismes impressionnistes par une référence au sérieux des sciences, et d'abord, en l'occurrence, aux théories de l'information: le projet de traiter les textes comme des populations de mots, susceptibles d'une sorte de démographie statistique des textes (telle qu'elle se réalise par exemple dans les études lexicométriques). Le structuralisme philosophique des années 1960 partait en guerre contre ces diverses formes (spontanées ou savantes) d'évidence empirique de la lecture, avec sur ses drapeaux des concepts comme ceux de «lecture symptômale» et de «théorie du discours», et des mots d'ordre comme celui du «repérage de l'efficace d'une structure sur ses effets, à travers ses effets». Marx, Nietzsche, Freud et Saussure étaient recrutés pour un même combat, portant en l'occurrence sur la question de savoir ce que c'est que parler, écouter et lire. «C'est depuis Freud, écrivait Louis Althusser au début de Lire «Le Capital», que nous commençons à soupçonner ce qu'écouter, donc ce que parler (et se taire), veut dire; que ce veut-dire" du parler et de l écouter découvre, sous l innocence de la parole et de l'écoute, la profondeur assignable d un double fond, le "veut-dire" du discours de l inconscient — ce double fond dont la linguistique moderne, dans les mécanismes du langage, pense les effets et conditions formels» (p. 14-15). Ainsi, l'appui stratégique sur le structuralisme linguistique était clairement revendiqué; s il était question d'analyser le «discours inconscient» des idéologies, la linguistique structurale, science «moderne» de l'époque, était le moyen «scientifique» de déplacer le  ANALYSE AUTOMATIQUE DU DISCOURS 97 terrain des questions du domaine du quantitatif vers celui du qualitatif, de la description statistique vers une théorie quasi algébrique des structures, tout en repoussant le «n importe quoi» des lectures «littéraires». Si les discours idéologiques étaient bien les mythes propres à nos sociétés, comparables à ceux qu avaient étudiés Vladimir Propp, puis Claude Lévi-Strauss, il devait être possible de construire des procédures effectives capables de restituer la trace de leur structure invariante (le système de leurs «fonctions») sous la série combinatoire de leurs variations superficielles, « empiriques » donc de reconstituer quelque chose de cette « structure présente dans la série de ses effets». La mise au point de TAAD69 constitue une tentative, parmi d autres, de réaliser ce programme, en s efforçant de prendre au sérieux «la linguistique moderne», et en particulier les travaux d un linguiste américain, auteur d un texte providentiellement intitulé Discourse Analysis qui servit pendant toute une période de référence scientifique concrète aux linguistes travaillant dans le champ de l analyse de discours, sur la lancée des travaux de Jean Dubois. De ce point de vue, la spécificité de l AAD version 69, dans l espace des travaux d analyse de discours, ce fut d abord, me semble-t-il, de pousser la linguistique harrissienne jusqu au bout de ses conséquences, du point de vue théorique que je viens de rappeler. Si le sens d une surface textuelle existe dans le jeu des rapports (d équivalence, commutation, paraphrase...) qui s établissent nécessairement entre elle et d autres surfaces textuelles spécifiques, il en résulte que l étude des processus discursifs (inhérents à la structure sous-jacente à étudier) suppose la référence à des ensembles de surfaces (ou «corpus discursifs») que le dispositif aura pour effet de mettre en état d auto-paraphrase potentielle, pour l interroger sur sa structure en généralisant à des corpus ainsi repérés par leurs «conditions (socio-historiques) de production» les procédures que Harris avait appliquées à certaines séquences particulières, marquées par des répétitions, des stéréotypies internes comme le fameux exemple de «Millions can t be wrong», présenté au n° 13 de Langages. L ordre et la disposition des procédures AAD 9 se trouvaient par là même fixés; TAAD69 comportait nécessairement: — une phase de construction socio-historique des corpus soumis^ à l analyse ; — puis une phase «harrissienne» de délinéarisation syntaxique des surfaces textuelles du corpus, dégageant les énoncés élémentaires et les relations linguistiques entre ces énoncés ;
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