La noblesse de Bohême dans l'Europe française. L'enigme du français nobiliaire

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  30L A   NOBLESSE   DE  B OHÊME   DANS   L ’E UROPE   FRANÇAISE  L’ ÉNIGME   DU   FRANÇAIS   NOBILIAIRE Le français au XVIII e  siècle eut un rôle majeur  1 . Ce n’était pas seulement la langue de la littérature et de la diplomatie, le français est aussi devenu la langue nobiliaire et la langue anoblissante. Les contemporains se sont rendu compte de cette situation et la francophonie suscita beaucoup de réactions dans les pays étrangers. Louis Réau considérait cette réaction comme un phénomène tardif en Europe, alors que c’était plutôt un phénomène accompagnant la francophonie depuis les débuts de son expansion 2 . Aujourd’hui, c’est l’extension des ressenti-ments anti-français qui nous renseigne sur l’intensité de la francophonie dans les différentes aires culturelles 3 . 1. Le sujet de la francophonie au siècle des Lumières fut traité déjà dans l’étude classique de Paul Hazard, mais comme un véhicule de diffusion des idées des Lumières, ce qui implique que les Lumières furent un phénomène français qui se répandit sur le continent. L’étude linguistique s’appuie sur l’œuvre de Ferdinand Brunot et Louis Réau, mais la francophonie a récemment attiré de nouveau l’attention des chercheurs. Voir R  ÉAU  L.,  L’Europe française au siècle des Lumières , Paris, Albin Michel, 1951 ; B RUNOT  F.,  Histoire de la langue française, depuis l’srcine jusqu’à 1900 , tomes 1-13, Paris, Armand Colin, 1905-1938 (particulièrement tomes 3-8) ; F UMAROLI   M., Quand l’Europe parlait français , Paris, Livre de poche, 2003 ; B EAUREPAIRE  P.-Y. ,  Le mythe de l’Europe française. Diplomatie, culture et sociabilité au temps des Lumières , Paris, Autre- ment, 2007. Pour l’Allemagne, voir S AUDER   G., « Die französische Sprache in Deutschland in der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts », dans G RÜNEWALD  M. et S CHLOBACH  J. (dir.), Vermit-tlungen. Aspekte der deutsch-französischen Beziehungen vom 17. Jahrhundert bis zur Gegenwart   [  Médiations. Aspects des relations franco-allemandes du XVII  e  siècle à nos jours ], Bern, Lang, 1992, p. 97-124.2. R  ÉAU  L.,  L’Europe française au siècle des Lumières ,  op. cit. , p. 317-346.3. Voir H ÄSELER   J. et M AIER   A. (ed.), Gallophobie im 18. Jahrhundert  , Berlin, Berliner Wissenschaft-Verlag, 2005 ; F LORACK   R., Tiefsinnige Deutsche, frivole Franzosen: Nationale Stereotype in deuts-cher und französischer Literatur  , Stuttgart, J.B. Metzler, 2001.  366 Le rayonnement français en Europe centrale du XVII e  siècle à nos jours F RANCOPHONIE   EN  B OHÊME  ? On suggère souvent que la monarchie des Habsbourg fut une exception à la francophonie qui frappa toute l’Europe 4 . On insiste sur le fait que l’hostilité entre les Habsbourg et la France empêcha la francisation des nobles. L’Empereur Léopold I er   préférait l’italien et l’espagnol, parce que c’étaient des langues cultu-rellement et politiquement liées à la cour de Vienne. Contrairement à cette idée largement répandue – qui était déjà évoquée par les savants au XVIII e  siècle –, la monarchie des Habsbourg subissait une francisation aussi intensive que les autres pays européens. Certes, l’italien était très important pour la communica-tion dans le milieu nobiliaire à l’époque de la contre-réforme, lorsque les cours et les villes de l’Europe centrale furent inondées par les artistes et les nobles italiens, et la littérature italienne, jugée supérieure à la littérature allemande, exerça une grande inuence sur la vie intellectuelle de la région. Beaucoup de nobles écrivaient leurs journaux et leurs lettres en italien ; l’Impératrice-veuve Éléonore de Mantoue assembla autour d’elle un cercle de poètes italiens et l’ar-chiduc Léopold Guillaume ou Raimundo Montecuccoli écrivirent quelques vers en italien 5 . L’espagnol, langue des alliés les plus importants, fut parlée à la cour et dans la diplomatie, mais son inuence s’acheva après la chute du gouverne -ment des Habsbourg en Espagne. Il faut dire qu’il y avait à la cour beaucoup de ressentiment contre les Espagnols et les Italiens, même à l’époque de leur triom- phe linguistique 6 . Néanmoins, il faut tenir compte du fait que ces langues parta-geaient leur rôle de langues de sociabilité et, en plus, rivalisaient avec le français, l’allemand, le latin et le tchèque. Le XVII e  siècle n’était pas le siècle « espagnol » ou « italien », c’était le temps du plurilinguisme « sauvage », parce qu’on combi-nait les mots de plusieurs langues dans la communication quotidienne et aucune n’avait une position dominante. Ce n’était pas sans raison que les nonces apos-toliques comparaient la cour de Vienne à Babylone, le lieu de la confusion des langues, opérée par Dieu pour que les gens ne communiquent plus entre eux 7 .L’expansion du français dans le milieu nobiliaire en Bohême et en Autriche est conrmée par plusieurs témoignages. Montesquieu, qui séjourna à Vienne en 1728, s’étonna : « Notre langue y est si universelle qu’elle y est presque la seule chez les honnêtes gens et l’italien y est presque inutile… La communi-cation des peuples y est si grande qu’ils ont absolument besoin d’une langue commune, et on choisira toujours notre français » 8 . Louis-Antoine Caraccioli, 4. P OLENZ  P.V.,  Deutsche Sprachgeschichte vom Mittelalter bis zur Gegenwart  , tome II, 17. und 18.  Jahrhundert  , Berlin/New York, Walter de Gruyter, 1994, p. 217.5. Sur la langue italienne dans la monarchie des Habsbourg, voir C ATALANO  A., « L’italiano lingua di cultura dell’ Europa centrale nell’ età moderna », dans C ADORINI  G. et Š pička  J. (dir.), Convegno  Internationale Humanitas Latina in Bohemis , Kolín/Treviso, 2007, p. 117-168.6. S MÍŠEK   R., « Důvěra nebo nenávist? Obraz Španěla v korespondenci císaře Leopolda I. s knížetem Ferdinandem z Dietrichsteina », Časopis Matice Moravské , n° 123, 2004, p. 47-76.7. Roma, Archivio Storico Famiglia Odescalchi, côte III A 11 n° 6.  Instrutione Diverse Date à Monsignore [Alfonso]  Litta Eletto Nunzio Straordinario Alľ Imperatore. ĽAnno 1678 et Altre Relatione Curiose . Je remercie Rostislav S MÍŠEK   (Université de Bohême du Sud) de m’avoir procuré cette information.8. R  ÉAU   L.,  L’Europe française au siècle des Lumières ,  op. cit. , p. 46-47 ; DE  S ECONDAT  C. (baron de Montesquieu), Œuvres complètes , tome I, Paris, Firmin Didot, 1859, p. 634, Montesquieu à l’abbé d’Olivet, 10 mai 1728.   Les échanges culturels entre la France et l’Europe centrale  367 lui aussi, incluait l’Autriche dans la sphère de l’« Europe française », mais il a surestimé l’inuence française, qu’il voyait partout 9 . Le voyageur et écrivain anglais William Nathanael Wraxall, bien qu’il regardât les pays catholiques de l’Europe centrale avec le mépris d’un protestant, observa en 1779 : « French may  be denominated common and universal language among the persons in upper life at Vienna. German is comparatively little used in a mixed company » 10 . Le français, à la différence de l’allemand et de l’italien, était absolument indispen-sable pour la communication dans la société nobiliaire viennoise. Pourquoi pas l’allemand ? Les nobles ne parlaient qu’un dialecte allemand et c’est pourquoi les autres Allemands ne pouvaient pas les comprendre, l’italien n’étant courant que dans le milieu de la noblesse italienne résidant à Vienne. Comme en témoigne Wraxall : « But French is indispensible and far more useful as well as necessary as for a stranger, than German » 11 . Néanmoins, Wraxall était l’un de ceux qui ont rapporté l’idée que la noblesse viennoise tardait à accepter le français à cause de l’hostilité politique entre les cours de Vienne et de Versailles 12 . Ce ne furent pas seulement les étrangers qui se sont rendu compte de la forte francisation de la noblesse. Johannes Pezzl, le célèbre écrivain et philosophe viennois, dit dans sa description de Vienne que le français fut justement la deuxième langue pratiquée à Vienne, après l’allemand 13 .D’autre part, Friedrich Nicolai, le plus célèbre représentant de l’  Aufklärung   à Berlin, fait des remarques très intéressantes sur le caractère du français qui est parlé en Allemagne et en Europe centrale 14 . À propos du latin utilisé comme langue ofcielle en Hongrie, Nicolai observe que le français parlé hors de la France subira le même sort que le latin. La langue réputée universelle se diffé-rencie dans tous les pays et donne naissance aux versions nationales. Voilà pour-quoi il est question du latin polonais ou du latin hongrois. Le développement du français est similaire. « Il ne peut jamais suivre les changements continuels et invisibles que subit le français en France comme toutes les langues vivantes, soit sous l’impulsion du changement de conduite d’une nation, soit sous l’impulsion de l’imagination des écrivains ; ces changements deviennent visibles plus tard 15 . » Certes, on ne peut pas dire aujourd’hui qu’il y avait des versions nationales du français, mais il y avait des différences selon l’éducation et le statut social des locuteurs, l’srcine de leurs précepteurs ou la méthode d’après laquelle ils avaient appris la langue. Cependant, la remarque de Nicolai montre que les contempo-rains se sont rendu compte que le français avait différents rôles culturels, que ce n’était pas une langue universelle existant hors des réalités sociales. 9. C ARACCIOLI  L.-A.,  L’Europe française , Turin, 1776.10. W RAXALL  W.N.,  Memoirs of the Courts of Berlin, Dresden, Warsaw, and Vienna, in the Years 1777, 1778 and 1779 , tome 2, London, 1806, p. 291.11.  Ibid. 12.  Ibid. , p. 291-293.13. P EZZL  J.I.,  Beschreibung und Grundriss der Haupt- und Residenzstadt Wien sammt ihrer kurzer Geschichte , Wien, 1809, p. 355. « Die herrschende und allgemeine Sprache in Wien ist deutsche.  Nach dem Deutschen wird beynahe gleich stark Französisch und Italienisch gesprochen… ».14. N ICOLAI  F.,  Beschreibung einer Reise durch Deutschland und die Schweiz im Jahre 1781 , Berlin/Stettin, 1784-1788, 8 tomes.15.  Ibid. , tome VI, Berlin, 1788, p. 446.  368 Le rayonnement français en Europe centrale du XVII e  siècle à nos jours  Nous allons tenter de répondre à des questions de base, qui peuvent éclai-rer quel était le rôle du français au sein de la noblesse de Bohême au XVIII e  siècle. Tout d’abord, nous essaierons d’éclairer les srcines de la francisation de la noblesse ; puis, nous montrerons comment les nobles ont appris la langue. Par la suite, nous tâcherons de clarier quel était le statut culturel du français par rapport aux autres langues parlées en Europe centrale et par rapport à la délimi-tation de la sphère privée. Il faudra aussi cerner comment le français put devenir la langue de la littérature écrite par les nobles et expliquer la connexion entre le français parlé dans la sphère privée et le français comme langue littéraire. Nous nous efforcerons de répondre à cette question à partir des témoignages de quatre écrivains francophones nobles qui habitaient en Bohême à l’âge des Lumières. L ES   DÉBUTS   DE   LA   FRANCISATION Il faut certainement se demander depuis quand la noblesse en Bohême était francisée et quelles en étaient les causes. Les auteurs anciens justiaient la  popularité du français par une théorie « intrinsèque » : ils pensaient que c’était à cause des qualités internes de la langue. Caraccioli considère que c’était la beauté, la clarté et la richesse du vocabulaire qui avaient convaincu les Européens de  parler français 16 . Cet argument fut souligné et développé par Antoine Rivarol dans son  Discours sur l’Universalité de la langue française  écrit comme une réponse à la question posée par l’Académie de Berlin en 1783 17 . L’argument de la clarté est intéressant parce qu’il lie la langue à la philosophie des Lumières ; ce terme fut srcinairement une métaphore employée pour démontrer la clarté des idées. Les idées claires furent un idéal exigé par Descartes, Leibniz et plus tard par Emmanuel Kant. C’était une conception de la pensée liée étroitement au problème de la langue 18 . Rivarol développa encore ce sujet dans son ouvrage  De l’homme  (1800), où il expliqua l’importance de la clarté du sentiment pour la perfectibilité de l’homme. Le français s’est montré comme la langue la plus convenable pour la  pensée et pour la dissémination des idées de la philosophie moderne 19 . L’argument « intellectuel » fut peut-être convaincant pour les penseurs du XVIII e  siècle, mais on ne peut pas l’accepter aujourd’hui. Il y avait d’autres conceptions de la philo-sophie en Europe, formulées dans les langues vernaculaires. De plus, le français n’est jamais devenu la langue des sciences et de la philosophie dans la monarchie des Habsbourg. Cette position fut occupée par le latin, qui fut lentement remplacé  par l’allemand. Bien que Leibniz écrivît ses ouvrages philosophiques en français et que Mme Luise Gottsched traduisît les œuvres françaises, bien que Frédéric II supportât la philosophie et la littérature françaises, le français n’a jamais été la langue des sciences dans le monde germanique. 16. C ARACCIOLI   L.-A.,  L’Europe française , op. cit. , p. 16.17. R  IVAROL  A.,  De l’universalité de la langue française. Discours qui a remporté le prix de l’Acadé-mie de Berlin en 1784 , Berlin, 1785.18. Voir H INSKE  N., « Die tragenden Grundideen der deutschen Aufklärung. Versuch einer Typologie », dans C IAFARDONE   R.  (ed.),  Die Philosophie der deutschen Aufklärung. Texte und  Darstellung  , Stuttgart, Reclam, 1990, S. 407-458.19. R  IVAROL  A.,  De l’homme, de ses facultés intellectuelles et de ses idées premières et fondamenta-les , Paris, Charles Pougens, 1800.   Les échanges culturels entre la France et l’Europe centrale  369 D’autre part, le français s’est imposé comme la langue des sociabilités dans le monde nobiliaire. On peut parler d’un « sociolecte ». Du point de vue chronologique, on peut voir les débuts de la francisation linguistique de la noblesse au temps de Louis XIV, lorsque le français était la langue dominante dans le monde diplomatique 20 . La victoire des ambassadeurs français sur leurs adversaires espagnols conrma le triomphe du français, comme en témoignent les livres sur la théorie des négociations diplomatiques parus dans la seconde moitié du XVII e  siècle. Les manuels français d’Abraham Wicquefort ou François Callières déterminaient la conception du diplomate et de son travail jusqu’à la Révolution. Comme le souligne Hamish Scott, une culture internationale naquit, uniant les ambassadeurs de tous les pays, participant aux combats de pouvoir et imposant des normes communes 21 . L’une d’elles fut la maîtrise du français. Abraham Wicquefort donna de l’importance à l’art de parler et à la pratique des langues, mais il s’occupait plus de la technique de persuasion que de la connais-sance des langues. Bien qu’il fût Hollandais, il écrivit au sujet du français : « La langue française a en quelque façon succédé à la langue latine, et est devenue commune » 22 . Mais quand Wicquefort parle des langues qu’il faut maîtriser pour réussir dans les négociations entre les différentes cours européennes, il montre une Europe diversiée, où l’usage du français est restreint aux négociations entre l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Espagne et les pays du Nord de l’Europe. Par ailleurs, les ambassadeurs d’Angleterre, des Pays-Bas, du Danemark, de Suède et même d’Espagne utilisent le français pour négocier avec l’étranger. Généralement, il fallait s’accommoder de la langue qui se pratiquait dans le pays des négociations. Bien que Wicquefort ait montré que le latin n’avait pas perdu son rôle de langue commune, qui ne provoqua pas de réticence comme le français, il prouve que cette langue moderne avait déjà gagné la position de langue de négociations, employée  parfois par les diplomates des pays non-français. Callières était Français, mais il ne se satisfaisait pas d’être un locuteur maternel, il se vouait profondément à la valorisation du français. Avant la parution de son célèbre  L’Art de négocier avec les princes et les souverains 23 , il publia des ouvrages sur la littérature et la langue. Il participa à la querelle des anciens et des modernes et observa avec  beaucoup d’intelligence le rôle social du français dans le milieu nobiliaire 24 . En ce qui concerne les langues qu’il fallait apprendre pour être préposé aux affaires, Callières recommandait les langues vivantes en général et soulignait l’impor-tance du latin, « langue commune de toutes les Nations Chrétiennes » 25 . 20. S COTT  H., « Diplomatic culture in Old Regime Europe », dans S COTT  H. et S IMMS  B. (dir.), Cultures of Power in Europe during the Long Eighteenth Century , Cambridge, Cambridge UP, 2007,  p. 58-85 ; B ÉLY  L.,  Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV  , Paris, PUF, 1990 ; P ICAVET  C.-G.,  La diplomatie française au temps de Louis XIV (1661-1714), institutions, mœurs et coutumes , Paris, Librairie Félix Alcan, 1930.21. S COTT   H., « Diplomatic culture in Old Regime Europe », op. cit. , p. 59-70. Malheureusement, Scott répète le vieux mythe selon lequel la cour de Vienne adopta le français en retard et grâce à quelques individus progressistes, comme Eugène de Savoie et Wenzel Anton Kaunitz.22. W ICQUEFORT   A.,  L’ambassadeur et ses fonctions , tome II, La Haye, J. et D. Steuker, 1681, p. 34.23. C ALLIÈRES  F.,  L’Art de négocier avec les princes et les souverains , 1716.24. Voir R  UGGIU  F.-J., « Des mots à la mode… Un discours nobiliaire à la fin du règne de Louis XIV », dans F IGEAC  M. et D UMANOWSKI  J. (dir.),  Noblesse française et noblesse polonaise. Mémoire, identité, culture XVI  e -XX  e  siècles , Pessac, MSHA, 2006, p. 117-130.25. C ALLIÈRES  F. ,  L’Art de négocier… , op. cit. , p. 62-63.
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